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LE MOT DE LA DIASPORA TOGOLAISE À L’ENDROIT DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE D’ALLEMAGNE

LE MOT DE LA DIASPORA TOGOLAISE À L’ENDROIT DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE D’ALLEMAGNE
À l’occasion de la visite officielle de Monsieur Faure Gnassingbe

Monsieur Joachim Gauck, les Togolais de la diaspora s’adressent à vous.

Son Excellence, Monsieur le Président de la République Fédérale d’Allemagne,

Il n’est pas de l’habitude des Togolais de venir ici devant votre résidence pour troubler votre tranquillité. Si nous sentons le besoin de le faire c’est bien sûr parce que nous croyons sincèrement que vous prêterez une oreille attentive à notre appel.
Nous représentons, bien que loin de notre Mère-Patrie, la majorité silencieuse sur le dos de laquelle les hommes d’affaires au sommet de l’État mènent leurs bizness en s’accaparant les richesses du Togo. Cette majorité croupit en silence dans la misère et le désespoir, la peur au ventre.
Nous sommes, Monsieur le Président, une frange de Togolais négligés considérés comme des apatrides par ceux que vous recevez avec honneur et qui, du père à fils, nous ont contraints à l’exil et à l’émigration. Dans tous les cas, nul n’abandonne volontairement son pays si les conditions normales de vie sont réunies. Car il n’y a de meilleur pays que le sien. Malheureusement, le Togo, sous la présidence de Monsieur Faure Gnassingbe, est un pays atypique. Un pays qui fait la honte de la Sous-région ouest-africaine en matière de démocratie et de respect des libertés individuelles et collectives des citoyens.

Faut-il encore rappeler que depuis son accession à la magistrature suprême Monsieur Faure Gnassingbe n’a respecté aucun Accord pris avec l’ensemble de la classe politique togolaise "en vue du strict respect de la Constitution de la 4ème République Togolaise et le fonctionnement régulier de l'ensemble des institutions qui sont les garanties indispensables au libre jeu démocratique et à l'alternance politique." De l’Accord Politique Global (APG) à la création de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) pilotée par Monseigneur Barrigah en passant par d’autres Clauses
l’engagement du Chef de l’État à les respecter est resté lettre morte. Ce qui lui ouvre largement la voie à la Présidence à vie au pouvoir alors que le Togo n’est ni une Monarchie Constitutionnelle ni un Royaume.

Dans l’Administration et l’Armée, la corruption est à haute dose. Il faut appartenir à la famille Gnassingbe ou en être proche, appartenir à la classe fermée des privilégiés pour avoir droit au respect et au partage du gâteau. Cette minorité se caractérise par son opulence et son insolence. Elle a le droit de vie ou de mort sur les autres citoyens et n’est inquiétée par rien.

Sur le plan des droits de l’homme, les libertés individuelles et collectives des citoyens sont constamment violées. La liberté de presse n’est qu’un vain mot. Des opposants au régime arrêtés ou emprisonnés arbitrairement. Des journalistes sont constamment interpelés et incarcérés; la presse privée muselée. Les manifestations de rue pourtant autorisées par l’autorité compétente sont réprimées dans le sang. Les cas d’assassinat à balles réelles par les forces de sécurité à Mango et à Dapaong sont des plus flagrants. D’ailleurs, Amnesty International dans son rapport 2015-2016 sur les violations des droits de l’Homme au Togo, «accuse les forces de sécurité d’avoir tué et blessé plusieurs personnes lors des manifestations pacifiques; des journalistes et des défenseurs des droits humains ont été arrêtés. Les conditions carcérales ne répondent pas aux normes internationales et l’impunité pour les violations des droits humains a persisté.»

La lettre épiscopale de la Conférence des Evêques du Togo adressée aux responsables politiques le 26 Avril enfonce le clou:
«Malheureusement la minorité qui a accaparé le pouvoir et qui pille le pays, soumet la population à un joug permanent. Les aspirations des Togolais au changement à la tête du pays sont toujours usurpées par un clan à la solde d’une seule et même famille.»

Malgré la lettre accablante des Evêques du Togo et le rapport cinglant d’Amnesty International, Faure Gnassingbe est resté sourd-muet et imperturbable.

Monsieur le Président,
Voilà le vrai visage du Togo que tente de cacher les tenants du pouvoir au Togo. Nous sommes persuadés que vous le savez sans doute. Mais nous sommes écœurés de constater que votre pays, imbus des idéaux démocratiques, reste complaisant avec le Régime de Lomé en accueillant Monsieur Faure Gnassingbé comme un Président dont les mains sont propres. À quoi servirait une aide au Togo dont les dirigeants font fi des règles élémentaires de démocratie et de la gestion saine des richesses du pays?

C’est pourquoi la diaspora togolaise dans sa large majorité demanderait:

☼que l’Allemagne convie son hôte au respect des accords signés à Lomé et qu’elle exerce une pression sur les Autorités togolaises afin qu’elles acceptent sans délai ni condition d’opérer les reformes constitutionnelles et institutionnelles.

☼que l’Allemagne tienne un langage de vérité et non de complaisance avec le dictateur Faure Gnassingbé.

☼que soit mis fin au règne de l’impunité s’agissant des assassinats crapuleux et du pillage des deniers publiques.

☼que soit mis fin au harcèlement des journalistes de la presse privée.

☼que soit procédé sans délai à la libération des prisonniers politiques et d’opinion.

☼que la diaspora togolaise soit associée aux processus électoral de son pays d’origine en lui faisant prendre part au vote lors des consultations présidentielles.

☼que soit mis fin à la corruption et à l’accaparement des richesses du pays par la minorité insolente.

☼que soient mises fin aux aides qui ne profiteraient pas aux populations togolaises, les vraies concernées.

☼que l’argent du contribuable allemand ne finance pas la dictature au Togo
au détriment des populations déshéritées.

☼que cessent les intérêts personnels au sommet des États amis, source de marginalisation des intérêts des populations des pays respectifs concernés.

Fait à Berlin en Allemagne le 9 Juin 2016.

Pour la Diaspora togolaise en Allemagne,

La Commission d’organisation de la Manifestation.

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